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Documents RFA-RDA/ 1ère partie/ Paris-Sorbonne
1. Discours du député de la CSU Karl Theodor Freiherr von und zu Guttenberg contre l’Ospolitik (27 mai 1970)
(…) Monsieur le chancelier, vous voilà sur le point d’abandonner les conceptions sur l’Allemagne de l’Occident et d’adopter celle de l’Union Soviétique. (Applaudissement de la CDU/CSU - Député Stoltenberg: Très vrai! - Sifflets et protestations appuyés venus du SPD. - Député Apel: Cet homme n’est pas présentable! - Agitation) (…) Monsieur le chancelier, je maintiens mon point de vue et j’ajoute que tout donne à penser que votre négociateur à Moscou a accepté les vieilles formules soviétiques bien connues de la division et de la reconnaissance - nous en saurons bientôt plus; mais je ne parle pas dans le vide. J‘ajoute aussi que tout donne à penser que vous-même, à Kassel, avez voulu indiquer la possibilité d‘une reconnaissance internationale et que votre gouvernement est sur le point de s’engager, à Varsovie, dans un processus de reconnaissance de la ligne Oder-Neisse. Mais quelle serait la conséquence de ce que je ne peux pas appeler autrement, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, qu’une paix illusoire sur la base d’une acceptation de la division de l’Allemagne et de l’Europe? La première conséquence serait que beaucoup, beaucoup trop de gens aux Etats-Unis penseraient que le problème décisif de l’Europe a été résolu; pourquoi maintenir alors des troupes américaines en Europe? La deuxième conséquence serait que l’Union soviétique aurait remporté une victoire politique décisive sur l’Occident dans l’affrontement le plus décisif en Europe. L’Union Soviétique aurait alors le vent en poupe en Europe. La troisième conséquence, le résultat de cette victoire politique de l’Union Soviétique ne serait pas ce qu’espèrent beaucoup d’hommes de bonne volonté - je le redis après les sifflets venus de ce côté -, à savoir la consolidation de la paix mais serait au contraire l’encouragement et le renforcement de ces trouble-paix notoires dont la dernière victime - provisoirement? - a été la Tchécoslovaquie en 1968. Monsieur le Chancelier, vous allez certainement contester le point de vue que je défends sur la disposition du gouvernement à reconnaître les exigences de l’URSS. Vous allez indiquer que vous respectez les prérogatives des Alliés, à commencer par celles qui concernent le traité de paix. Vous allez dire que vous avez tenu au droit à l’autodétermination et que vous auriez pour intention d’expliquer au moins unilatéralement aux Soviétiques que votre objectif reste la réunification de l’Allemagne par auto-détermination. Mais, Monsieur le chancelier, tout cela - permettez-moi de reprendre une de vos formules - ce ne sont vraiment que des formules creuses. Car en face de ces droits et objectifs abstraits, il y a votre politique concrète, qui contredit point par point vos maximes. (…) (Traduit de Verhandlungen des Deutschen Bundestages. Stenographische Berichte. Tome 72. 6è législature, 53è séance) .
2. Les chiffres de l’économie allemande dans les années 1970
Infl.% chôm. croiss. prod. salaires 1969 2,1 0,8 7,4 3,7 11,7 1970 3,3, 0,7 5,4 2,6 8,7 1971 5,4 0,8 3,1 3,9 5,4 1972 5,5 1,1 4,3 3,6 8,0 1973 7,0 1,2 4,7 1,4 9,8 1974 7,0 2,5 0,0 1,5 5,4 1975 5,9 4,6 -1,1 5,9 1,8 1976 4,3 4,5 5,5 ,7 3,7 1977 3,7 4,3 2,6 2,1 3,3 1978 2,7 4,1 3,4 2,5 3,2 1979 4,1 3,6 4,1 -0,5 7,3 1980 5,5 3,6 0,9 0,1 4,6 1981 6,3 5,1 0,0 0,2 4,0 Budget de la république Fédérale de 1969 à 1982 (en milliards de DM): Dépenses recettes 1969 174,55 176,93 1970 196,32 188,29 1971 226,48 211,18 1972 252,12 239,22 1973 280,49 271,48 1974 318,26 290,88 1975 360,51 296,65 1976 376,76 328,70 1977 395,17 364,00 1978 433,40 393,74 1979 469,85 423,50 1980 509,24 452,15 1981 541,77 466,09 3. Déclaration gouvernementale du chancelier Schmidt concernant le système monétaire européen - 6 décembre 1978 Après un travail intensif, ces dernières semaines et ces derniers mois, les neuf Etats membres ont décidé ensemble, hier, à Bruxelles, d’introduire ce système le 1er janvier 1979. Les textes ont été publiés la nuit dernière et seront très prochainement disponibles pour le Bundestag. Le système monétaire européen dont nous parlons a pour objectif, comme je l’indiquais, d’accroître la stabilité de la monnaie et ce, aussi bien entre les monnaies que pour chaque monnaie en particulier. On peut parler d’un élément fondamental dans un concept global, orienté vers la croissance durable dans la stabilité des prix, vers un retour progressif au plein emploi et vers un effacement des disparités régionales. Ce système monétaire commun facilitera la convergence des politiques économiques au sein de la Communauté européenne et elle donnera une impulsion au processus de l’Union Européenne. Mais nous souhaitons aussi que ce système ait un effet stabilisant sur les relations économiques et monétaires internationales au-delà des frontières de la Communauté européenne. Lorsque je disais que neuf Etats ont décidé de cela ensemble, il faut cependant souligner que trois d’entre eux ont mis des réserves à la mise en œuvre d’une partie du système. Comme nous nous y attendions, le Royaume Uni a déclaré ne pas pouvoir encore participer pour l’instant au mécanisme commun de change et d’intervention. Le gouvernement italien aussi bien que le gouvernement irlandais ont déclaré qu’ils avaient besoin d’un temps de délibération, entre soi et au sein des majorités sur lesquelles il s’appuient . Il s’agit de savoir si leurs pays pourront entrer le 1er janvier prochain dans le nouveau système. Ils devraient nous transmettre une réponse dans le courant de la semaine prochaine. (…) La divergence des monnaies n’avait pas été prévue par les concepteurs et les artisans du Marché Commun et elle a apporté avec elle son lot de dangers. Nous avons essayé avec le « serpent » - un mot devenu totalement incompréhensible pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire -, le conglomérat des monnaies d’il y a quelques années, tenté de pallier les problèmes monétaires. Cela a été possible dans un petit nombre de pays de la Communauté. Ceux qui n’ont pas participé à ce conglomérat, ne s’en sont pas toujours bien trouvés. On peut montrer les expériences négatives provoquées par la divergence monétaire en regardant les statistiques: on verra que, depuis le début des turbulences monétaires, particulièrement marquées depuis 1973-74, les échanges au sein de la Communauté européenne ont relativement stagné par rapport aux échanges que le Marché Commun entretient avec l’extérieur. 4. Richard Löwenthal sur la crise du SPD Qu’un parti qui conduit le gouvernement fédéral depuis 12 ans essuie des échecs importants en pleine période de difficultés économiques, c’est un processus normal, qui ne dit rien sur son avenir. Ce qui est inhabituel et préoccupant, c’est bien plus que des électeurs partent dans deux directions opposées. D’un côté, nous pouvons observer une perte significative de jeunes électeurs, un manque d’attirance sur les jeunes générations et le départ de groupes qui mettent l’écologie au centre de leurs préoccupations et s’en vont vers des listes « vertes » ou « alternatives » ou bien s‘abstiennent. D‘un autre côté, le SPD perd une partie de ses électeurs dits « traditionnels », en particulier - mais pas exclusivement - parmi les ouvriers spécialisés et dans les grandes villes: ces électeurs trouvent que le parti s‘occupe trop de la jeunesse agitée et trop peu de la défense de l‘Etat de droit et du maintien des capacités économiques du pays. Ces électeurs quittent le SPD pour la CDU ou bien s‘abstiennent. Ces deux tendances opposées que nous venons d’identifier impliquent une tendance à la décomposition de l’alliance de couches différentes qu’unissaient des intérêts compatibles même si les priorités respectives étaient différentes. C’était grâce à cette combinaison que le SPD était devenu un parti capable de constituer une majorité. Mais nous avons affaire à une crise d’identité que reflète la radicalisation des débats au sein du parti. (…) La social-démocratie est un produit de la société industrielle et un précurseur de la démocratie dans l’Etat et la société. Elle ne peut pas faire de compromis avec ceux pour qui le monde moderne est une impasse historique. La social--démocratie doit clairement dire que pour répondre aux besoins des milliards d’hommes qui peuplent aujourd’hui la terre aucune autre perspective n’est envisageable que la société industrielle et sa division du travail. Toutes les alternatives sont des utopies réactionnaires. La social-démocratie ne doit pas se bercer de l’illusion, non plus, que la constitution d’iles en marge de la société est une forme de participation: la participation c’est l’implication dans le tout. L’activité de groupes qui se coupent du reste de la société n’est pas de la participation. (…) Le débat qui complique aujourd’hui la tâche intégratrice de la social-démocratie ne se déroule donc pas entre d’une part la tribu devenue conservatrice de l’électorat ouvrier - il est vrai que, du fait des réalisations de la politique social-démocrate, ils ont beaucoup à conserver - et une jeunesse critique qui se recruterait dans les « nouvelles » couches de la société. Il s’agit d’un conflit entre les attitudes et les intérêts de ceux qui veulent « descendre du train » de la société, d’une part, et, d’’autre part, la masse des actifs de toute sorte: ouvriers, employés, indépendants et la plus grande partie du service public - à l’exception des professeurs qui ont renoncé à leur tâche sociale éducative et des membres du clergé concentrant naturellement leur énergie vers le salut des âmes en danger et mettant leur responsabilité sociale dans le secours de ceux qui sont en marge. (tiré de « Identität und Zukunft der SPD », Die Neue Gesellschaft 28 (1981), cahier 12, pp.1085-1089. Dimanche 5 Avril 2009
Edouard Husson
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