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Une nouvelle "querelle des historiens"?

...à propos de l'enracinement social des crimes du Japon impérial.


En 2007, Jean-Louis Margolin publiait un livre qui vient combler une lacune de la littérature historique française: avec L'Armée de l'empereurViolences et crimes du Japon en guerre (1937-1945 ( Armand Colin, 2007, 479 p), nous disposons de la première étude approfondie francophone concernant les crimes de guerres et les crimes contre l'humanité commis durant les guerres japonaises des années 1930 et 1940.

L'ouvrage a reçu le Prix Augustin Thierry l'année de sa parution. Il n'est pas besoin de savoir cela pour estimer le sérieux de l'ouvrage, la précision des analyses qu'il contient, la capacité de synthèse de l'auteur.

Pourtant, au mois de juin dernier est paru un éditorial-compte-rendu de 27 pages dans la revue Cipango, qui met en cause avec une grande virulence L'Armée de l'empereur. La passion mise dans la critique, la double accusation, contradictoire, de "culturalisme" et de "révisionnisme" adressées à Jean-Louis Margolin, tout donne à penser que nous sommes plongés dans une nouvelle "querelle des historiens" où l'irrationnel domine.

Mais quel sens a cette controverse? L'historien de l'Allemagne est forcément sensible à ce qui rapproche l'argumentation d'Arnaud Nanta de celle des historiens qui travaillaient sur la République Fédérale d'Allemagne dans les années 1950. On y était certes désireux d'identifier les crimes du nazisme mais on voulait les confiner à un noyau de criminel, les SS. Même chose chez Nanta: il accepte que l'on désigne les crimes du Japon impérial mais la question de leur enracinement dans la société de l'époque lui paraît insupportable. Seuls le commandement de l'armée et un noyau de politiques devraient être au centre de l'enquête sur les crimes de guerre du Japon impérial. On voit bien ce que cette problématique a de suranné. Jean-Louis Margolin est en phase avec l'historiographie générale de la Seconde Guerre mondiale, pas ses détracteurs.

Le point de vue optimiste consistera, dans ce cas, à juger utile une controverse qui permettra de mieux comprendre combien une société tout entière a pu se laisser entraîner vers la guerre moderne de conquête exterminatrice. Il reste que la violence du ton employé par les adversaires de Jean-Louis Margolin est contreproductive.

On jugera sur pièces. Nous mettons en ligne à la fois l'article de Cipango et la réponse de Jean-Louis Magolin à ses détracteurs.

http://lodel.ehess.fr/crj/docannexe.php?id=574 http://lodel.ehess.fr/crj/docannexe.php?id=574
reponse_a_nanta_1_.pdf réponse à Nanta[1].pdf  (396.32 Ko)

Mercredi 7 Octobre 2009
Edouard Husson
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