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  <title>Le blog d'Edouard Husson</title>
  <description><![CDATA[Libres pensées sur l'Allemagne, l'Europe et la mondialisation.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2012-05-20T09:46:59+02:00</dc:date>
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   <title>Et si l'on parlait haut et fort à l'Allemagne?</title>
   <pubDate>Tue, 15 May 2012 23:29:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Chronique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      J'avoue ne plus supporter les précautions qui sont prises avec l'Allemagne. Un pays européen, la Grèce, berceau de la démocratie puis centre du christianisme oriental, peuple de héros luttant pour leur indépendance nationale au XIXè siècle et contre le fascisme durant la Seconde Guerre mondiale, est en train d'être asphyxié à petit feu, privé de toute avenir, vidé de sa substance! Et il faudrait demander à l'Allemagne de bien vouloir adhérer à un pacte de croissance? 45% des jeunes Espagnols, diplômés d'un pays qui possède parmi les meilleures universités d'Europe, sont au chômage! Et il faudrait prier l'Allemagne de &quot;faire un peu d'inflation&quot;? L'Italie, peut-être la France demain, sont mis sous pression par des marchés financiers qui prennent les dirigeants européens à la lettre - &quot;Vous nous promettez des réformes structurelles; montrez les nous!&quot;. Et nous attendons avec anxiété un battement de cils d'Angela?        <br />
              <br />
       Mais sommes-nous devenus incapables, nous autres Européens, de regarder le monde autour de nous? Avons-nous, Français, peuple libre à ce qu'on disait, perdu tout sens critique?        <br />
              <br />
       Les Etats-Unis s'endettent massivement depuis cinq décennies, au point de fragiliser régulièrement l'économie mondiale (1968, 1973, 1978, 1987, 2000, 2007) et l'Allemagne continue à croire que le rachat par la BCE de toutes les dettes publiques européennes fragiliserait la monnaie européenne? Et nous acceptons ce raisonnement?        <br />
              <br />
       La Chine ou les pays du Golfe sont prêts à investir dans l'économie européenne, massivement, et nous nous privons de telles occasions par absence de stratégie européenne lisible? Nous nous refusons à croire dans l'avenir du continent?        <br />
              <br />
       Il est un principe d'organisation qu'il faut substituer à l'actuelle &quot;bundesrepublikanisation&quot; de l'Union européenne: entendons-nous sur des objectifs ambitieux, très ambitieux, même, pour l'Europe; mais laissons chaque pays faire comme il entend. Et jugeons chaque pays sur la question de savoir s'il atteint les objectifs fixés, non sur celle de savoir s'il s'est conforme aux principes de l'orthodoxie ordo-libérale (tout en constatant, année après année que les objectifs ne sont pas atteints).        <br />
              <br />
       Les marchés, nous dira-t-on, n'accepteraient pas une telle démarche. Mais on raisonne mal, en l'occurrence. Ce que les marchés reprochent à nos pays, c'est le fait de ne pas tenir la stratégie promise. Ce qui a été sanctionné, en 1983, c'était la relativement mauvaise gestion des finances publiques, non le programme socialiste en soi. Si la France, à cette date, était revenue, pour elle-même, à l'équilibre budgétaire, et avait affiché, mais dans le respect de son propre écosystème, des &quot;réformes structurelles&quot; conformes aux capacités et à l'histoire du pays (sur le modèle de ce qu'avaient mis en place Charles de Gaulle et Jacques Rueff en 1958), on n'aurait jamais eu l'évolution ultérieure vers les rigidités de la monnaie unique européenne (simple extension des principes gouvernant le deutsche mark à plusieurs pays).        <br />
              <br />
       Les marchés aiment constater qu'un pays atteint les objectifs qu'il s'est fixés; ils n'ont pas de modèle a priori; ils sont inflationnistes face à l'économie américaine et monétaristes face à l'Europe. Pourquoi serait-il scandaleux que l'Etat intervînt dans l'économie française pourvu que l'équilibre budgétaire de notre pays fût atteint? Est-ce plus scandaleux que les mille et une normes à respecter sur le sol allemand qui protègent les produits allemands de la concurrence étrangère? Aucun pays ne vit dans un monde de la &quot;concurrence pure et parfaite&quot; et ne la respecte pour soi-même.        <br />
              <br />
       Pourquoi devrions-nous continuer à nous soumettre à un taux d'intérêt unique dans une zone monétaire qui n'est pas optimale alors qu'il serait possible de laisser fixer par chaque pays le niveau des réserves en euros qu'il entend conserver pour garantir sa monnaie nationale - imaginons l'euro, redevenu monnaie commune et indexé sur les métaux précieux ou sur un panier de matières premières, jouant le rôle de monnaie de réserve des partenaires européens? Un pays ayant vu ses réserves en &quot;euros-or&quot; baisser serait naturellement conduit à exporter plus pour les reconstituer; au contraire, un pays excédentaire  se mettrait à importer - un principe formulé par John Locke dès 1691, et qui a fait la solidité du capitalisme jusqu'en 1914 ou pendant les Trente Glorieuses.        <br />
              <br />
       Avant de fixer les cadres d'un nouveau système, il faut envisager un programme européen où l'on commencerait par injecter massivement des liquidités, à l'anglo-saxonne, dans les économies européennes, pour les faire repartir. Et que les rentiers vieillissants d'outre-Rhin ne jouent pas les pères La Vertu! Que pèseront ces liquidités face au déversement permanent de bons du trésor américains sur le monde? Si les épargnants allemands veulent conserver leurs économies, ils n'ont pas intérêt à se retrouver, vieillards grabataires privés de tout soin à domicile,seuls au milieu d'une Europe exsangue. Ensuite, une fois l'économie ayant pu disposer des liquidités nécessaires, on pourrait fixer des objectifs ambitieux de croissance; on laisserait aux pays le choix des moyens utilisés pour les atteindre pourvu que leurs budgets soient en équilibre et le libre-échange soit respecté entre pays de l'Union. Retrouvons une stratégie européenne fondée d'abord sur une création monétaire adaptée au potentiel de nos appareils productifs et à la qualité de formation de notre force de travail et nous verrons les marchés parier à nouveau sur l'Europe.        <br />
              <br />
       Nous ne pouvons pas laisser un continent entier mourir d'assèchement monétaire quand le reste du monde nage dans les excès de liquidités. Nous ne pouvons pas accepter que la jeunesse d'Europe, qui reçoit partout en Europe des formations qui sont parmi les meilleures du monde, soit sacrifiée à une politique de la rente à courte vue. Nous devons parler haut et fort à l'Allemagne! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.edouardhusson.com/Et-si-l-on-parlait-haut-et-fort-a-l-Allemagne_a255.html</link>
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   <title>La Tour de Babel</title>
   <pubDate>Sun, 13 May 2012 22:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Chronique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Gros revers pour le parti de Madame Merkel: il n´obtient que 26% des voix aux élections régionales anticipées de Rhénanie du Nord-Westphalie, soit 9 points de moins qu´ en 2010. Le SPD a gagné 4 points, à 38% et les Verts restent aux environ de 12%, ce qui permet une majorité &quot;rouge-verte&quot;. Les libéraux sont à 8%. Non moins frappant est la descente de La Gauche (Die Linke) en dessous des 5% requis pour avoir des représentants et la percée des &quot;pirates internautes&quot;, le Piratenpartei, à 7%. Il est difficile de tirer des conclusions définitives pour les élections au Bundestag de l'année prochaine car l'abstention est de 40%.        <br />
              <br />
       L'effet immédiat est cependant évident: Madame Merkel abordera affaiblie son rendez-vous avec Francois Hollande, mardi après-midi; ce qui ne veut pas dire qu'elle sera plus conciliante, au contraire: elle risque d'´être d´autant plus intransigeante qu' elle doit réaffirmer son leadership auprès de ses électeurs, conservateurs et âgés, pour qui il est impensable que l' Allemagne finance le laxisme des pays voisins. Madame Merkel a peu de marge de manoeuvre: le FDP s'est resfait une santé, en Rhénanie du Nord, en attirant les décus de Madame Merkel dans l'électorat actif. Pour gagner les élections en 2013, le chancelier allemand devra mobiliser les abstentionnistes mais ils se trouvent surtout dans les milieux populaires, qui ne se reconnaissent plus dans les Volksparteien, les partis naguère dotés d'une audience de masse que furent, jusqu'à la fin du XXè siècle les chrétiens- et les sociaux-démocrates.        <br />
              <br />
       On se trouve dans une situation paradoxale: au moment où la crise grecque est repartie de plus belle, où l' Espagne vacille et l' Italie ou la France se demandent quel sort vont leur réserver les marchés financiers, il n' existe plus de leadership européen. Le chancelier allemand, qui voit son autorité ébranlée à l' intérieur, doit apprendre à travailler avec un nouveau président francais, opposé à la rigueur; le peuple souverain s'est révolté en Grèce; les gouvernements européens tombent les uns après les autres.          <br />
              <br />
                                                                  ****************************************************************************************************       <br />
              <br />
       Jeudi soir dernier, j'ai eu le privilège d'entendre l'ancien chancelier Gerhard Schröder, qui donnait  une conférence à Paris, devant un cercle restreint d'auditeurs. La conférence devait porter sur les moyens de sortir de la crise de l' euro. Et bien, Monsieur Schröder n'a parlé que de l'Allemagne. Il a vanté sa politique de réformes, regretté que les partenaires européens doivent appliquer cette même politique, indispensable, en pleine crise. Il n' a proposé aucun élément d' alternative aux politiques actuelles. Tous devraient faire comme l' Allemagne et l'évolution de la construction européenne est dans la transposition des institutions allemandes aux institutions européennes: le Parlement européen en Bundestag élisant le président de la commission devenue gouvernement. Le Conseil européen devenu un Bundesrat etc...En l'écoutant, on comprenait mieux que tout l´energie politique de Monsieur Schröder fut employée, durant de longues années, à amener le SPD à penser et agir comme le <span style="font-style:italic">mainstream</span> des élites européennes; quand il s'est mis à parler politique, c'est d'ailleurs la ligne qu' il a suggérée au nouveau président francais. Lorsqu' on a posé à M. Schröder la question de la sortie de la Grèce de l' euro, il s' est écrié que ce serait suicidaire pour Athènes: le pays dévaluerait mais ne fabriquerait rien d' exportable et devrait continuer à rembourser ses dettes en euro.        <br />
              <br />
                                                                  ********************************************************************************************************       <br />
              <br />
       Le plus intéressant dans une conférence de ce type, ce sont les sujets esquivés. M. Schröder s'est arrêté quand il commencait à reconnaître que l' Union risquait d' être bien impuissante si on avait affaire à une crise non plus grecque mais espagnole ou italienne. Mais alors pourquoi s' obstiner à faire comme si la solution pour l' Europe était dans &quot;plus d'Europe&quot; et &quot;plus de modèle allemand&quot;?  M. Schröder pense comme quasiment toute la classe politique de son pays que la construction d' une Europe fédérale sur le modèle allemand a été et reste la seule manière de garantir la répétition des trois décennies terribles (1914-1945): guerres européennes, destruction de la monnaie et crime du fascisme. Beaucoup d'Européens pensent encore de même: après le déluge il n' y avait pas d' autre perspective pour l' humanité que la construction de la Tour de Babel; et, forcément, les constructeurs de Babel croient qu' ils vont réussir à construire la tour, au-delà du raisonnable.        <br />
              <br />
       Malgré la cacophonie européenne actuelle, espérons qu'il est encore temps d'arrêter les frais et de poser les bases d' une meilleure Europe: oeuvrant à un système monétaire mondial et où les peuples se sentent bien car une vraie subsidiarité y sera pratiquée.        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
                   <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.edouardhusson.com/La-Tour-de-Babel_a254.html</link>
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   <title>Vers un 1983 à l'envers?</title>
   <pubDate>Thu, 10 May 2012 23:19:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Chronique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      L'un de mes amis, qui s'apprêtait à voter François Hollande, me le disait, il y a quelques semaines, avec un grand sourire : « le système monétaire européen  va connaître des secousses profondes. François Hollande aura été élu au bon moment, celui où toutes les contraintes imposées en 1983 vont éclater. En fait, ajoutait-il, nous allons vivre un 1983 à l'envers. »       <br />
              <br />
       Une telle idée est  bien compréhensible venant de quelqu'un qui avait voté François Mitterrand en 1981. On se rappelle l'espoir suscité par l'élection de la gauche, derrière François Mitterrand, le 10 mai 1981, il y a 31 ans exactement. Puis, deux ans plus tard, est venue le la déception, pour beaucoup de militants de gauche, celle de l'alignement sur la politique de la monnaie forte préconisée par l'Allemagne. Après un cycle de trois décennies, l'une de &quot;franc fort&quot; et les deux autres de monnaie unique européenne, au moment où le peuple grec rejette majoritairement la politique d'austérité, où l'Espagne connaît une montée du chômage sans précédent, et où certains experts s'inquiètent pour le financement de la dette publique italienne ou française, il est possible de caresser l'espoir d'un éclatement du système, et du retour à toutes les marges de manoeuvre imaginables.       <br />
              <br />
       J'avoue cependant ne pas croire à ce scénario. Si l'on revient à 1981, il faut se rappeler un fait paradoxal : les marchés financiers ont rapidement sanctionné la politique de relance française, alors même qu'elle n'avait rien d'excessif en termes de dépenses publiques, mais parallèlement ils ont encouragé une autre politique de relance, celle-là menée dans des dimensions bien plus importantes, je veux dire le reaganisme. Contrairement à ce que beaucoup croient, la politique du président des États-Unis au début des années 1980, n'avait absolument rien de libéral. Il s'agissait d'une politique de réduction des dépenses sociales au profit de l'expansion des dépenses militaires ; on pourrait dire aussi le passage d'un keynésianisme du temps de paix à un keynésianisme militaire. Normalement, les marchés financiers auraient dû sanctionner la politique économique américaine beaucoup plus durement que la politique économique de François Mitterrand à la même époque. Mais il y avait une différence fondamentale : à la différence de la France, les États-Unis possédaient la monnaie de réserve internationale ; donc, contre toutes les règles de la théorie économique, le marché, non seulement, acceptait les immenses déficits américains mais il les encourageait car ils étaient l'occasion d'énormes placements financiers aux États-Unis.       <br />
              <br />
       On ne voit pas, aujourd'hui, que la situation  ait véritablement changé. Elle s'est même aggravée. Dans la foulée de la politique des présidents républicains Nixon et Reagan, les États-Unis n'ont cessé, depuis 25 ans, de creuser leur déficit public grâce à la fabrication monétaire ou l'émission massive de bons du trésor. Même si la France se libérait du carcan monétaire européen, elle serait très vite confrontée à une sanction des marchés financiers si elle cherchait à reproduire la politique économique du début des années 1980, même dans une version atténuée. En effet, les marchés, les agences de notation, les créanciers du pays, seront d'autant plus intraitables avec la France qu'ils resteront laxistes avec les États-Unis. De plus, il se passerait une répétition des années 1968-1992 en Europe : une réévaluation régulière du <span style="font-style:italic">deutsche mark </span>considéré comme une monnaie refuge et un manque de confiance des investisseurs étrangers dans la stabilité monétaire française.       <br />
              <br />
       Ce n'est pas d'un 1983 à l'envers que nous avons besoin ; c'est du retour à une politique économique qui corresponde aux besoins du pays : on vante régulièrement le modèle allemand sans voir qu'il est la traduction économique d'un comportement social. L'Allemagne est un pays où les corps intermédiaires ont toujours été puissants et l'Etat, rarement unifié, le plus souvent faible. L'économie allemande peut se passer d'un État protecteur-elle peut même se payer le luxe de faire l'apologie d'une économie uniquement fondée sur les règles libérales de la concurrence- parce que le corps social allemand s'est doté depuis longtemps de nombreux mécanismes de protection. Les entreprises allemandes se regroupent dans des associations puissantes, qui permettent une profonde solidarité lorsque le les acteurs économiques du pays sont engagés à l'étranger, et qui expliquent la capacité d'adaptation régulière de l'économie du pays à l'environnement proche ou lointain. Les syndicats allemands, même s'ils ont perdu de leurs effectifs, sont bien connus pour leur cohésion et leur capacité à opposer un front uni, dans la modération, aux représentants du patronat. Si l'on décrivait dans le détail les corps intermédiaires allemands, il faudrait parler des associations étudiantes, des corporations de toutes sortes, des régionalismes, etc. L'Allemagne est un pays qui a longtemps découragé les investisseurs étrangers par les participations financières croisées entre les banques et le secteur industriel et qui sait aujourd'hui encore pratiquer avec virtuosité le patriotisme économique. Il est rare que les hommes politiques allemands affirment, à la manière française, une stratégie industrielle ; en revanche, le pays a su, avec une persévérance remarquable, imposer l'idée que son modèle ordo-libéral était le plus approprié au développement des institutions européennes et que la monnaie unique de l'Union devait répondre aux critères monétaires allemands. Autant on peut dire que le modèle économique allemand est admirable de flexibilité et de capacité de rebondissement depuis les années difficiles d'après réunification, autant on peut parier que l'Europe ne sortira pas de ses difficultés présentes tant qu'elle tentera d'appliquer le modèle allemand à l'ensemble de l'Union européenne.       <br />
              <br />
       Il est grand temps de revenir à ce qui fait la force de l'Europe. Chaque pays doit être en mesure de développer le modèle économique le plus conforme à son histoire, aux besoins de son corps social, de ses capacités d'innovation. Et tous ces modèles particuliers contribueront à la réalisation des objectifs européens communs car l'Europe est toujours forte de sa diversité. En France, la cohésion sociale est assurée, depuis des décennies, sinon des siècles, par l'engagement de l'État. C'est la politique qui a construit notre nation et non la langue, la culture ou la cohésion familiale comme en Allemagne. On peut, à juste titre, se plaindre de l'inefficacité fréquente de l'État français ; il serait en revanche absurde de ne pas chercher les moyens d'un nouveau type de pilotage du pays par un État réduit et rendu plus efficace.       <br />
              <br />
       L'Europe se portera mieux dès lors que la méthode délétère de la fuite en avant dans un pseudo-fédéralisme aura été remplacée par la seule union européenne réaliste : l'accord sur des objectifs ambitieux et le libre choix laissé à tous les membres de l'union quant aux moyens d'atteindre ces objectifs. La méthode dont je parle n'est pas une utopie. Je l'ai vu appliquer, durant trois ans, à la réforme des universités en France. Le gouvernement n'a pas cherché des constructions européennes compliquées, il s'est contenté de tout mettre en oeuvre pour se rapprocher des objectifs de Lisbonne concernant l'économie de la connaissance. Lorsque, pour la politique des investissements d'avenir, on a regardé ce qui s'était fait en Allemagne quelques années plus tôt, c'est un jugement critique qui a été porté : il s'est agi non seulement de reprendre certaines des réussites du programme d'initiative d'excellence allemand mais aussi d'éviter de reprendre ses erreurs-c'est ainsi qu'il a été décidé d'accorder aux universités d'excellence française non pas de l'argent consommable pendant cinq ans mais une dotation dont les intérêts aideraient à mieux calibrer les projets et serviraient à financer les projets de long terme. Je suis même convaincu que si le pays n'avait pas été partiellement paralysé par un système monétaire européen rigide, il aurait été possible d'investir encore plus et encore mieux qu'on ne l'a fait dans la reconstruction des universités françaises - au service d'une communauté européenne des étudiants et des universitaires européens        <br />
              <br />
       La formule du 1983 à l'envers est éminemment sympathique mais elle n'est pas adaptée aux intérêts de la France ni de l'Europe dans un monde qui connaîtra peut-être, d'ici à deux ans, l'éclatement du système euro, mais aussi l'emballement toujours plus incontrôlable de la politique monétaire américaine en même temps que la concurrence toujours plus redoutable des nouvelles puissances économiques d'Amérique latine ou d'Asie. Ce qu'il nous faut, ce sont des objectifs ambitieux pour l'Europe et un Etat français qui crée le cadre favorable à l'atteinte de ces objectifs. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.edouardhusson.com/Vers-un-1983-a-l-envers_a252.html</link>
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   <title>Transformer la relation franco-allemande</title>
   <pubDate>Thu, 10 May 2012 00:22:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Chronique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Les commentateurs l'affirment avec aplomb : François Hollande jouerait une partie de sa crédibilité dès le 16 mai 2012, lendemain de son investiture, puisqu'il se rend à Berlin pour y rencontrer le chancelier allemand, Angela Merkel. Essayons de ne pas nous précipiter dans les subtilités des réflexions des uns et des autres sur la croissance et la stabilité ; l'Union européenne va devoir affronter, inévitablement, dans les semaines et les mois qui viennent une accélération de la crise de l'euro et nous aurons, malheureusement, bien des occasions de revenir à l'analyse de la politique économique des différents pays européens. Si l'on veut réfléchir aux enjeux de la relation entre la France et l'Allemagne aujourd'hui, il faut commencer par faire de la politique.       <br />
              <br />
       On peut effectivement se demander si c'est une bonne chose qu'à peine investi le nouveau président français se rende immédiatement dans la capitale de l'Allemagne pour y rencontrer le chancelier de la République fédérale. Mais alors il faut pousser le raisonnement jusqu'au bout. Pourquoi le président français se rend-il à Berlin plutôt que de laisser venir le chef du gouvernement allemand à Paris ? Est-ce une bonne chose, si l'on veut peser sur la relation franco-allemande, que de visiter Berlin en premier plutôt qu'aller à Londres ou, mieux encore, à Rome et à Madrid, dans ces pays qui souffrent d'une politique monétaire globalement inadaptée? François Hollande, en mettant ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, ne réduit il pas sa marge de manoeuvre ?        <br />
              <br />
       On peut même se dire que face à une situation économique où la marge de manoeuvre immédiate est réduite, il vaudrait mieux identifier les terrains où existe, pour la France, un espace de liberté. Avant que de confronter son point de vue à celui du chancelier allemand sur le terrain économique, il pourrait être utile de faire de la politique, au sens le plus noble du terme. Ce n'est pas seulement que François Hollande soit un président nouvellement élu ; c'est aussi le fait que tout préside français possède quelque chose dont est toujours dépourvu un chancelier allemand : le Président de la République française est élu au suffrage universel direct par l'ensemble des citoyens de la nation. Il en tire une force politique que n'aura jamais un chancelier allemand dans son propre pays. Le chancelier allemand est placé à son poste indirectement : il doit avoir été le chef de parti arrivé en tête à l'issue des élections générales; il est élu par une majorité parlementaire; il peut être défait par elle (dans un vote dit de défiance constructive). Les Allemands ne votent pas pour leur président de la république au suffrage universel - il est élu par un collège de grands électeurs et se tient loin de la politique quotidienne. N'est-ce pas un immense atout pour un président français ? Ne peut-on pas imaginer, que devant la gravité de la crise et les fractures de la société française le président laisse son premier ministre explorer les voies d'un compromis avec l'Allemagne : après tout, premier ministre et chancelier, c'est un poste de même rang. Dans un deuxième temps, il sera toujours opportun, pour le Président d'affirmer son autorité en proposant des solutions aux questions éventuellement non résolues entre le Chancelier allemand et le Premier Ministre français.        <br />
              <br />
       Agir ainsi permettrait de garder la main politiquement et d'aborder dans de meilleures conditions les négociations économiques. On objectera qu'en ne se rendant pas à Berlin immédiatement le président français enverrait un signe négatif aux marchés. En fait, l'argument ne tient pas, parce que la politique économique envisagée par François Hollande est une politique de centre-gauche là où Nicolas Sarkozy menait une politique économique de centre-droit. Il y aura globalement continuité dans les options politiques choisies : et, de fait, Nicolas Sarkozy a su arracher un certain nombre de concessions à une partenaire allemande qui s'est résolue à contrecoeur à autoriser le financement d'un sauvetage de l'euro. Les enjeux sont donc ailleurs:  il s'agit de créer un choc dans l'opinion publique nationale et internationale et de prouver que la politique européenne peut faire preuve de souplesse et qu'on est capable d'y changer les méthodes. Cela passe beaucoup par la politique et le maniement des symboles. Prendre son temps, affirmer une certaine distance, liée à la fonction, serait de bonne politique, créerait une attente chez le partenaire politique et pourrait aussi séduire les marchés, qui ont autant besoin de savoir qu'un leadership politique s'affirme que de suivre dans le détail les variations de la politique économique, qui sera, au moins au début, peu différente de celle du prédécesseur.        <br />
              <br />
       On dit que l'opinion espagnole a été choquée de la manière dont Nicolas Sarkozy évoquait, durant sa campagne, l'Espagne comme un repoussoir, l'exemple de la politique économique (sous Zapatero) qu'il ne fallait pas mener. Et bien pourquoi ne pas rendre visite, d'abord, à Madrid, pour affirmer la solidarité profonde du peuple de France avec le peuple d'Espagne? Et puis, s'il s'agit d'inspirer la confiance aux investisseurs, pourquoi ne pas se rendre aussi, avant d'aller à Berlin, à Rome où le gouvernement de M. Monti tâche de remettre l'économie à flot. Une autre façon de faire, dans le même esprit, consisterait à convoquer un mini-sommet européen à Paris et d'y avoir des entretiens en tête à tête avec plusieurs chefs de gouvernement, non avec le seul chancelier allemand.        <br />
              <br />
       On voit que dès qu'on se remet à faire de la politique en Europe, le champ des possibles s'ouvre: il s'agit, progressivement, d'affirmer une autorité tranquille à Paris, qui ne s'en laisse pas ...compter...par Berlin.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.edouardhusson.com/Transformer-la-relation-franco-allemande_a251.html</link>
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   <title>Union européenne: l'âge de la retraite</title>
   <pubDate>Tue, 08 May 2012 23:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Chronique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Le 9 mai nous fêtons les 62 ans de l'Europe schumanienne: l'âge où prendre une retraite bien méritée. Le modèle des &quot;pères fondateurs&quot; n'est plus en phase avec l'époque actuelle. Je me contenterai de défaire quelques idées reçues. il nous faudra, dans les semaines et les mois qui viennent, revenir souvent sur le sujet de savoir ce qui vient après l'Union européenne.        <br />
              <br />
       1. L'Union européenne, qui était un des moyens trouvés par les Européens épris de paix, après 1945, pour reconstruire la partie occidentale du Continent, est devenue, avec les années, une fin en soi, au risque d'empêcher les Européens de voir comme le monde évoluait autour d'eux.        <br />
              <br />
       2. Si l'on est plus précis, l'Union Européenne est devenue aujourd'hui le projet de la partie la plus âgée et la plus aisée du continent. Elle n'intéresse plus les jeunes - dont l'horizon est le &quot;village global&quot;  en même temps que la précarité de l'emploi- et elle est perçue comme une source de ségrégation économique et sociale par les plus pauvres, en aucun cas une protection dans la mondialisation.        <br />
              <br />
       3. L'Union européenne assure une rente de situation permanente à l'Allemagne: depuis une décennie elle a absorbé en moyenne les deux tiers des exportations allemandes chaque année. La vertu tant vantée des épargnants/investisseurs/exportateurs allemands s'est appuyée sur les dépenses publiques et le consumérisme des voisins de l'Allemagne. Aujourd'hui que l'on demande à tous les pays de l'Union de se serrer la ceinture, l'Allemagne a beaucoup à perdre puisqu'elle perd la capacité d'absorption de ses exportations par ses voisins et partenaires les plus proches.        <br />
              <br />
       4.  L'euro fut une réponse approximative et grossière aux enjeux de la mondialisation. Aux <span style="font-style:italic">fiat currencies </span>nationales on a substitué une <span style="font-style:italic">fiat currency </span>européenne; à première vue ce fut un progrès puisque les principes allemands de bonne gestion monétaire ont présidé à la naissance de la monnaie unique. En fait il s'est agi largement d'un coup d'épée dans l'eau puisque l'euro a contraint les Européens sans contraindre les Etats-Unis à revenir à la discipline monétaire. Les attaques contre l'euro, depuis des mois, sont rendues possibles par les énormes masses financières que crée le <span style="font-style:italic">quantitative easing </span>américain.        <br />
              <br />
       Quelle place pour le continent européen dans le monde de 2020? Peut-on faire renouer les sociétés, en particulier les plus jeunes et les plus pauvres en leur sein, avec l'idéal de coopération approfondie entre Européens? L'Allemagne va-t-elle faire preuve, dans les mois et les années qui viennent, de plus de solidarité européenne? Comment passer de la guerre entre le dollar, l'euro, le yen et le yuan à un nouvel ordre monétaire international? Telles sont les questions qui devraient accompagner la commémoration du 9 mai. Tels sont les défis que doit relever le nouveau président français. Ils ne peuvent plus être pensés dans le cadre bien désuet de l'Europe schumanienne. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>http://www.edouardhusson.com/Union-europeenne-l-age-de-la-retraite_a250.html</link>
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   <title>La désunion des droites</title>
   <pubDate>Mon, 07 May 2012 22:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Chronique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      C'est une banalité de rappeler que Jacques Chirac avait fait perdre Valéry Giscard d'Estaing lors de sa campagne de réélection en 1981. Mais il faut se remémorer le choc que fut à l'époque la défaite de la droite après 23 ans à la présidence de la république. Pourtant, ce qui se passa en mai 1981, était plutôt un retour à la normale dans l'histoire de la France depuis la Révolution Française. La situation de désunion des droites est la plus fréquente. Nous venons d'en avoir un une nouvelle illustration avec le résultat de l'élection présidentielle. La somme des électeurs du Front National, de l'UMP, et du Modem permettait de constituer une majorité. Pourtant, malgré son talent politique, Nicolas Sarkozy n'a pas réussi à trouver la formule permettant de réunir une seconde fois tous ces électeurs autour de sa personne.       <br />
              <br />
       Le lecteur contestera peut-être l'idée selon laquelle il serait possible de classer les trois formations politiques conduites, respectivement, par Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et François Bayrou comme « les droites ». Et pourtant la seule observation du report des voix au second tour montre bien qu'il existe toujours en France une gauche et une droite. Il y a eu, cette fois encore, d'un côté ces candidats du premier tour dont les électeurs se sont reportés quasiment sans hésiter sur François Hollande. Et puis, de l'autre, ces candidats dont aucun n'a appelé à voter Nicolas Sarkozy alors que la raison politique les y conviait, et dont les électeurs ont réagi en ordre dispersé, une partie d'entre eux se reportant sur Nicolas Sarkozy mais pas suffisamment pour permettre sa réélection. Même si l'on ne connaissait rien des programmes politiques défendus par Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly, la simple observation du comportement de leurs électeurs ferait dire sans hésiter qu'ils sont de gauche : être de droite c'est pouvoir ne pas voter pour le candidat de sa famille arrivé en tête au premier tour de l'élection. Depuis la Révolution Française la gauche se caractérise au moins autant par sa discipline politique que par le contenu de son programme. On peut même se demander si l'histoire de la IIIe République ne représente pas un cas d'école : à cette époque, l'idée monarchique restait majoritaire, être de droite c'était y adhérer, mais chacune des familles de la droite défendait sa propre conception de la monarchie - légitimiste, orléaniste ou bonapartiste. Les gauches, minoritaires mais unies autour de l'idée de la république, gagnèrent régulièrement les élections grâce à la désunion de leurs adversaires et enracinèrent ainsi, progressivement, la république dans les moeurs politiques.       <br />
              <br />
       Nous n'en sommes pas aux extrêmes du XIXe siècle finissant et pourtant comment ne pas voir que se répète le même scénario fondamental? Les gauches ont su unir leurs forces autour de François Hollande tandis que les droites n'en finissaient pas de s'opposer. Pour être plus exact, la désunion des droites naît toujours de la propension de leurs chefs à créer les uns vis-à-vis des autres des barrières idéologiques apparemment insurmontables. Les 48,5 % obtenus par Nicolas Sarkozy montrent bien l'aspiration des trois électorats à s'unir autour d'une figure commune. La droite, depuis 1793, c'est bien la nostalgie de la souvernaineté incarnée. Cependant il faut se rappeler que Nicolas Sarkozy a perdu cinq points électoraux en cinq ans, ce qui signifie à la fois qu'il avait réussi à opérer la réunion des droites en 2007 mais que le sa synthèse n'avait pas la solidité qui permit au général De Gaulle d'obtenir 55 % des voix en 1965, à Georges Pompidou de lui succéder confortablement en 1969 et à Valéry Giscard d'Estaing de récupérer en 1974, dans des conditions précaires, il est vrai, l'héritage du gaullisme politique le temps d'un septennat.       <br />
              <br />
       En général, la gauche se réunit autour de notions suffisamment abstraites pour être un peu fourre-tout. François Hollande, lors de la présente élection, a réveillé la vieille aspiration à l'égalité.  La droite, elle, croit se battre sur des idées mais elle est en fait la prise avec des facettes différentes de la même réalité. L'Europe n'existe que par la force des nations qui la constituent mais l'équilibre entre souveraineté nationale et ouverture européenne est difficile à réaliser dans un monde livré à la fabrication monétaire inconsidérée des États-Unis et au dumping social des nouvelles nations industrielles. Alors chacune des droites y va de son point de vue ; plutôt que d'affronter le réel, on préfère le présenter sous un jour outrancier, voire scandaleux, lorsqu'on préfère la xénophobie à la confrontation avec les puissants sur la scène économique et politique internationale. Et parallèlement on répète qu'il n'est pas possible d'infléchir le système monétaire européen ni la mondialisation telles qu'elles sont.        <br />
              <br />
       La rigueur budgétaire préconisée par François Bayrou, l'équilibre franco-allemand recherché par Nicolas Sarkozy, le retour à l'indépendance économique souhaité par une Marine Le Pen qui cherche à sortir des outrances de son père, sont trois composantes actuelles de ce que le général De Gaulle appelait la souveraineté nationale. Mais de Gaulle ne concevait pas l'affirmation de l'indépendance en dehors d'un ordre européen et mondial; il n'y avait pas chez lui, à la différence de la droite actuelle, coexistence impuissante entre des appels à la nation et le fait de subir la vie internationale. Qu'est-ce que la rigueur budgétaire sans un ordre monétaire international? Pourquoi l'équilibre franco-allemand si ce n'est pas pour peser plus sur les règles du commerce international, contre tous les protectionnismes, ouverts ou déguisés? Que veut dire l'indépendance économique si elle ne signifie pas compétitivité du pays? Les droites, faute de répondre à ces questions, se sont condamnées, au moins partiellement, à l'impuissance doublée de l'incantation: la xénophobie y est aveu d'impuissance; elle est le revers d'une incapacité à peser sur l'ordre monétaire et les règlements commerciaux internationaux.           <br />
              <br />
       La droite reviendrait durablement au pouvoir le jour où un nouveau champion issu de ses rangs saurait faire la synthèse entre indépendance nationale et ouverture internationale. Ou plus précisément faire grandir l'une et l'autre de concert.         <br />
              <br />
       Après l'échec de la synthèse sarkozyste, il n'y aura peut-être personne à droite ou au centre qui soit capable dans les années qui viennent, de trouver l'équilibre entre la défense des intérêts du pays et son ouverture aux forces constructives venues d'ailleurs. C'est même le plus probable vu l'histoire des droites: l'équilibre du gaullisme ne dura qu'une quinzaine d'années et fut progressivement perdu, à droite, après 1974, sans être jamais vraiment retrouvé par la suite malgré la tentative de Nicolas Sarkozy entre 2002 et 2007.       <br />
              <br />
       Si la désunion durable des droites est, au regard de l'histoire, la situation la plus probable, la gauche a de longues années devant elle au pouvoir, quelles que soient les péripéties qu'elle doive affronter. C'est peut-être cela la normalité. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.edouardhusson.com/La-desunion-des-droites_a249.html</link>
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   <title>"La Roche Tarpéienne est près du Capitole..."</title>
   <pubDate>Sun, 06 May 2012 23:57:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Chronique]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
        <div>
      Le succès politique comporte une part d' aléatoire. Il est rarement dû au seul mérite du vainqueur, celui-ci peut avoir gagné pour des raisons tout différentes de celles qu'il avait imaginées. Prenons la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007. Le paradoxe du vote qui porte le candidat à la présidence de la république au second tour tient à ce que le candidat a été élu par les catégories les plus âgées de la population. Il s'agissait en fait d'un vote conservateur pour une campagne de rupture. Le vainqueur avait seulement entamé la conquête de l'électorat populaire et il avait du mal à se faire entendre dans les catégories les plus jeunes. Face à de telles réalités, les conseillers du nouveau président auraient dû l'aider à élaborer, d'une part, le style présidentiel qui correspondait à la partie la plus âgée de son électorat, tout en imaginant les moyens d'élargir son assise électorale dans les catégories socio-politiques encore incomplètement convaincues, parce que les plus fragiles socialement ou les plus angoissées face à l'avenir. Cinq ans plus tard, en 2012, on voit bien quel effort le candidat Sarkozy a dû faire pour rétablir sa réputation dans l'électorat conservateur qui l'avait porté au pouvoir ; et il a finalement perdu, parce que l'électorat populaire et l'électorat jeune lui ont fait encore plus défaut qu' en 2007.        <br />
              <br />
       S'il veut éviter la mésaventure de son prédécesseur, François Hollande devra se demander où sont les fragilités de sa victoire. A première vue, trois vulnérabilités apparaissent :       <br />
       -D'abord sa victoire est beaucoup plus courte que ce qu'annonçaient les sondages. 1 million de voix seulement sépare les protagonistes du second tour.       <br />
       -Ensuite, c'est d'abord la France de l'Ouest, moins touchée par la mondialisation, qui porte François Hollande au pouvoir. La France située à l'est d'une ligne Le Havre-Marseille, celle qui souffre le plus de la crise économique, qui vote le plus Front National, est aussi celle qui s'est aujourd'hui le plus abstenu, qui a refusé de redonner ses suffrages à Nicolas Sarkozy mais aussi, partiellement, d'adhérer à François Hollande.       <br />
       -Enfin, 2 millions de votes blancs ou nuls, c'est-à-dire deux fois plus que l'écart de voix entre les deux candidats, signifie non seulement le rejet de Nicolas Sarkozy mais aussi le manque d'adhésion à la personne de François Hollande.       <br />
              <br />
       Il nous faudra creuser ces analyses afin de mieux discerner les forces et les faiblesses du résultat électoral du nouvel élu. La non prise en compte des faiblesses est l'erreur la plus couramment commise par les candidats vainqueurs. Elle permet souvent de comprendre pourquoi une aventure politique bien entamée patine ou tourne mal. Les raisons d'un échec à venir sont intimement liées à la victoire présente ou passée. Les Romains le disaient autrement : la Roche Tarpéienne est proche du Capitole. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.edouardhusson.com/La-Roche-Tarpeienne-est-pres-du-Capitole_a248.html</link>
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   <title>Mettre encore plus les Allemands sous pression</title>
   <pubDate>Mon, 19 Dec 2011 09:00:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Le système monde/Global Studies]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Une réaction au sommet de Bruxelles     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>http://www.edouardhusson.com/Mettre-encore-plus-les-Allemands-sous-pression_a253.html</link>
  </item>

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   <title>Apocalypse Hitler</title>
   <pubDate>Sat, 22 Oct 2011 16:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Edouard Husson</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Modern History]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Des images impressionnantes, quelquefois inédites, mais un texte de présentation lacunaire ou erroné     <div>
      Il s'agit sans aucun doute d'un documentaire intéressant. Et l'on saluera le gros travail effectué par le Professeur Jean-Paul Bled, conseiller historique du film, et son équipe, sur le sujet.        <br />
              <br />
       Comme pour leur film sur la Seconde Guerre mondiale, les auteurs ont décidé de colorer les films en noir et blanc de l'époque. Pour ma part, je pense que l'histoire de la période ne peut qu'y gagner. La débauche de couleurs des cérémonies de Nuremberg ressort particulièrement bien et fait encore mieux comprendre la fascination qu'elles pouvaient exercer; de même la coloration des images de la Vienne qu'a connue le jeune Hitler est bienvenue.        <br />
              <br />
       Sur l'ensemble des deux épisodes, le spectateur ne sera sans doute pas déçu de la somme d'images, certaines inédites, qui lui sont présentées. Le parti pris de s'arrêter en 1930 pour le premier épisode (&quot;La menace&quot;) permet de se concentrer sur l'ascension de Hitler. En revanche, le deuxième film a du mal à trouver un terme. Certes les auteurs ne veulent pas empiéter sur la Seconde Guerre mondiale, qu'ils ont déjà traitée, mais, de fait, ils s'arrêtent vers 1935 et font lire à Mathieu Kassovitz quelques passages au futur historique pour anticiper sur les grands événements postérieurs à cette date - apprentis-historiens, ne pas écouter.         <br />
              <br />
       J'aurai, au-delà de ces remarques, des critiques majeures envers ce documentaire.        <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      - d'abord l'absurde insistance sur la possible ascendance juive de Hitler, une thèse bien éculée, et dont on se demande bien pourquoi les auteurs la réhabilitent. Que le père de Hitler n'ait pas su l'identité de son vrai géniteur, quoi de plus banal dans une région (Bavière, Nord-Ouest de l'Autriche) où les naissances illégitimes étaient particulièrement nombreuses à cette époque, sans doute liées au système de la famille souche- l'aîné héritant et se mariant laissait peu d'espoirs à des cadets de s'établir. Que Hitler n'ait pas su, contre les critères du régime qu'il avait établi, prouver l'origine de ses quatre grands-parents, certes. Mais de là à nous refaire le coup d'un Hitler peut-être juif, il y a un grand pas, franchi avec désinvolture. Non seulement il aurait fallu creuser dans une autre direction: Hitler a peut-être eu des ancêtres tchèques; mais il aurait fallu se rappeler que la thèse des ancêtres juifs de Hitler est un symptôme de la mauvaise conscience européenne et occidentale vis-à-vis du judéocide: ce serait si pratique de pouvoir se dédouaner de siècles de persécutions culminant dans un génocide et de pouvoir dormir tranquille car un Juif aurait décidé de tuer massivement d'autres Juifs...       <br />
              <br />
       - ensuite concernant la présentation de la révolution de 1918-1919 en Allemagne. Les auteurs en restent à la thèse historiquement fausse qu'il y aurait eu un danger communiste en Allemagne fin 1918. Aujourd'hui, l'histoire de la révolution allemande qui suit l'armistice est bien connue. Une majorité d'Allemands souhaitait sortir rapidement des quatre années de conflit. Et un puissant mouvement de la gauche démocratique - celui dont avait rêvé Jaurès pour l'Allemagne dès 1905- était prêt à s'installer au pouvoir, porteur d'un programme de nationalisation de l'industrie lourde et d'exclusion de l'aristocratie de l'accès automatique au commandement militaire. Or, s'il y eut un &quot;coup de poignard&quot; dans le dos fin 1918 en Allemagne, il fut donné par le président du SPD, Friedrich Ebert, à la gauche démocratique. Auteur de l'inoubliable formule &quot;Je hais la révolution comme la peste&quot;, il fit alliance avec l'aristocratie militaire pour consolider l'assise du SPD au pouvoir. C'est Ebert qui fit appel aux corps francs pour réprimer les premiers soulèvements d'une partie de la gauche ouvertement révoltée par son attitude - et qui permit la naissance, au cours de l'année 1919, d'un parti communiste allemand irréconciliable avec le SPD et progressivement inféodé à Moscou. L'accusation de social-traîtrise, souvent portée par les communistes allemands envers les sociaux-démocrates, n'était donc pas dénuée de fondement. On aurait aimé qu'un film documentaire monté presque un siècle après la révolution allemande nous fasse grâce de &quot;C'est Staline qui a provoqué l'arrivée de Hitler au pouvoir en entretenant les communistes dans leur intransigeance&quot; - un cliché qui a la vie dure, parce que là aussi l'Europe démocratique et l'Occident libéral aimeraient bien pouvoir reporter toute la responsabilité de l'arrivée au pouvoir du totalitarisme allemand sur un autre totalitarisme...N'est-ce pas Rosa Luxemburg qui, la première, à gauche, a dénoncé le recours par Lénine à la dictature? Et ne fut-elle pas, le 18 janvier 1919, la première victime du fascisme allemand? Son meurtre fut accompli par les membres d'un corps franc, avec l'approbation du SPD. Comme le rappelle le documentaire, treize ans plus tard, le SPD était condamné à faire voter Hindenburg, contre Hitler, à l'élection présidentielle. Quelques mois plus tard, Hindenburg réélu appelait Hitler à la Chancellerie.         <br />
              <br />
       - On reste perplexe, cette fois, devant la quasi-absence des crises économiques dans l'énumération des facteurs qui amenèrent Hitler au pouvoir. Il serait temps de présenter le règlement de la Première Guerre mondiale par les Alliés occidentaux sans se tromper de cible. Le traité de Versailles, aussi rancunier fût-il envers les vaincus, aurait été viable sans l'absurde politique monétaire des vainqueurs, qui cassa toute possibilité de reprise durable de l'économie du continent européen. Les peuples sortant de la guerre avaient besoin que l'on remît en circulation l'or monétaire et qu'on dévaluât les signes monétaires nationaux. Au lieu de cela, l'or fut soit thésaurisé par les Etats-Unis (soucieux d'imposer le dollar &quot;as good as gold&quot;) ou confisqué (par la France et la Grande-Bretagne à l'Allemagne, privant celle-ci de toute base monétaire alors qu'elle était le pays qui avait émis le plus de monnaie de papier durant la guerre); et la Grande-Bretagne crut que l'honneur lui imposait de ne pas dévaluer la livre. Les vainqueurs furent incapables de rétablir le système monétaire international qui avait permis la prospérité du monde, avant 1914. La vraie question de l'après-Versailles n'était pas celle des réparations mais de la thésaurisation des réserves métalliques du monde par les Etats-Unis d'Amérique: symboliquement nécessaires sur le plan politique, les réparations n'impliquaient pas la thésaurisation de la monnaie métallique, qui, une fois le montant annuel des réparations versé, aurait pu être reprêtée à l'Allemagne comme aux autres pays européens pour assurer leur reconstruction. La base monétaire de l'Allemagne fut une première fois asséchée (entre 1918 et 1922) provoquant la catastrophe inflationniste que l'on sait; puis le règne du dollar de papier conjugué à l'absence de dévaluation de la monnaie britannique contribua à une mauvaise allocation des moyens de crédits, à l'origine de la crise de 1929, du retrait des capitaux américains d'Europe, deux ans plus tard. Enfin, la confiscation de l'or des particuliers et la thésaurisation des réserves métalliques du monde par Roosevelt, pour faire redémarrer l'économie américaine sur une base semi-autarcique, paracheva la catastrophe en 1933-34. Aussi bon politique fût-il, Hitler n'aurait jamais conquis le pouvoir ni asservi l'Europe sans la destruction de la rente allemande puis l'assèchement des flux de capitaux des Etats-Unis vers l'Europe après 1931. Tout cela est singulièrement absent du film.        <br />
              <br />
       
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   <title>International Club of Journalists - Education / L'Economiste (Maroc)</title>
   <pubDate>Mon, 10 Oct 2011 01:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Abashi Shamamba</dc:creator>
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   Les journalistes membres de l'ICJ-Education ont rencontré durant quatre jours (28 septembre-1er octobre), à Paris et à Bordeaux, les acteurs du renouveau des universités françaises     <div>
      
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